Requiem For A Tweet

Requiem For A Tweet

J’ai lu beaucoup d’articles ces derniers temps comme un sur la ‘pensée commune’ sur Twitter ou l’adhérence à une pensée commune pour être dans le vent ,un autre qui parlait du #FF ou même de la dépendance à Twitter et je me suis rendue compte qu’on avait oublié de parler d’un truc, ce qui génère cette dépendance, souvent frustration menant à un #Twittercleanse ou même à une suppression du compte.

Le grand avantage de Twitter , ce sont les personnes qu’on y rencontre. Contrairement à Facebook (où on a tous accepté nos amis du lycée, du quartier, cousins et environ toutes personnes ayant croisé notre chemin plus de 3 mois), tu n’es pas obligé de supporter la copine du lycée dont les réflexions sur le nombre de calories d’un Kinder Bueno ne t’intéresses pas, ni le mec du quartier qui y a vu un meetic version “Celles que je n’ai pas pu avoir avant je les aurais maintenant”. Sur Twitter c’est bien connu tu choisis selon tes affinités, tes centres d’intérêts et plein d’autres critères qui varient d’une personne à l’autre. Ces personnes que tu as choisi entrent dans ta vie ( dans ton smartphone) dans ton quotidien via l’outil au petit oiseau bleu.

Du fait que tu aies ‘choisi’ ces personnes de par vos points communs , elles correspondent forcément à une sorte d’idéal , un peu comme ‘un self service de l’amitié’ , “je prendrais bien un peu d’amour de la Soul, beaucoup d’humour, non pas de vulgarité mais je veux bien un peu d’ouverture d’esprit et de l’intérêt pour l’actu politique merci beaucoup”.

De tweets en tweets, une sorte d’amitié ou d’expectative d’amitié se développe et les liens qu’on a/croit/imagine/espère avoir tissé deviennent de plus en plus fort. On se retrouve à ‘stalker’ des personnes, remonter leur TLs,  essayer d’attirer leur attention , se poser des questions quand elles ne répondent pas. Vient alors ce sentiment de dépendance  (menant souvent à la frustration), pas une dépendance à Twitter en tant que tel mais une dépendance à ces personnes. Parce que c’est connu le lien 2.0 n’est pas assez fort, on a besoin de se rassurer, de voir ce qui se passe , d’interagir guidé par cette envie de transformer le lien 2.0 en lien IRL.

Et que dire quand on y rajoute le fameux tweetcrush. Dans la vraie vie c’est la personne à qui tu écris un texto 10 fois avant de l’effacer sans l’envoyer, que tu guettes du coin de l’oeil quand vous vous retrouvez au même endroit, dont tu te demandes ce qu’elle fait ou où elle est. Sur Twitter, c’est la personne dont tu remontes la TL 3 fois par jour, dont chaque tweet est pour toi un message subliminal qui t’est adressé, et à qui tu veux dire tant par DM mais tu l’effaces sans l’envoyer un peu comme le texto ( sauf si comme les textos une dose non négligeable d’alcool agit sur toi comme un élixir de courage).

Oui Twitter rend dépendant , pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur, lorsque le lien 2.0 se solidifie, se transforme en lien IRL, quand les points communs qui ont fait de 2 personnes des followers en font des potes.Pour le pire et le frustrant, lorsqu’on se demande si on imagine un lien , si il existe vraiment, qu’on ose pas vraiment interagir/sympathiser avec telle ou telle personne car on ne sait pas vraiment ce qu’elle pense de nous, ou avec le plaisir douloureux d’avoir l’objet de ses désirs si près et si loin à la fois.

Voici d’où vient le vrai caractère addictif de Twitter, c’est le même dans la vraie vie… ça s’appelle tout simplement les relations humaines.



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