J’ai des Louboutin donc je suis ?

J'ai des Louboutin donc je suis ?

Lors de mes errances 2.0, je suis tombée sur cet article sur Slate intitulé Acheter beaucoup de chaussures fait-il de vous une meilleure personne?. A la lecture du titre, mon regard s’est inconsciemment posé sur l’entassement la pile de chaussures dans le coin de ma chambre. Bref au delà de l’absurde prédicat de départ voyant un lien de causalité  entre le fait  de posséder des paires de chaussures et le fait d’être une personne bien et digne d’entrer au Paradis ( Imelda Marcos si tu me lis), je me suis plongée dans la lecture de l’article.

L’article nous apprend donc que « dans le monde d’aujourd’hui, le fait d’acheter une paire de chaussures classieuses est considéré comme un fait marquant, digne d’un gros titre en Une » mais aussi se demande « pourquoi le fait de se vanter et d’exhiber ses escarpins de créateur, ses placards à chaussures et ses collections de souliers est-il devenu à ce degré vital pour toute demoiselle désirant gravir les échelons de la hiérarchie sociale«  (insérer ici roulement d’yeux). Mais aussi, on m’explique que c’est de la faute de Carrie Bradshaw parce que toutes les femmes voulaient l’imiter pour arriver à concilier « mode de vie bohème et matérialisme acharné ». J’ai arrêté de lire là.

Crédit photo : Vogue

Je possède euh… on va dire un bon nombre de paire de chaussures. Je les achète aussi vite que je les donne. J’en ai même qui n’ont pas senti le contact de ma plante de pieds depuis des mois (années ?). Ok l’article traite de chaussures de créateurs mais vu que l’article ne s’intitule pas Acheter beaucoup de chaussures de créateurs fait-il de vous une meilleure personne? (à juste titre cela sonnerait encore plus grossier), je me sens donc concernée (vu que je suis dans la cible ou plutôt l’objet de recherche).

Je disais donc que j’aime acheter des chaussures. Je ne suis pas fan de shopping sauf s’il s’agit d’en acheter. Je ne me suis jamais demandé si acheter des chaussures faisait de moi une bonne personne, j’ai de la jugeote. Je n’ai jamais ressenti le besoin d’exhiber mes placards à chaussures pour je cite « gravir les échelons de la hiérarchie sociale ». Et franchement, les personnes qui ne t’acceptent dans leur groupe social que parce que tu as telle paire de chaussures ne valent vraiment pas la peine. Mais là je ne vous apprends rien.

Ce qui me fait rouler des yeux dans cet article, c’est cette espèce de généralisation qui fait de chaque personne qui s’achète une paire de chaussures de créateur une personne superficielle à la recherche de reconnaissance sociale. Je ne dis pas que ce genre de personne n’existe pas. Mais je pense que si tu as la posibilité d’avoir des Louboutins au lieu de chaussures lambda, tu prendras les Louboutin, de la même manière que tu préféreras les Haagen Dazs à la glace vanille Carrefour ou un bon Bordeaux à la Villageoise ! Je ne savais pas que cela voulait dire qu’on était matérialiste.

Pourquoi un personne achète les chaussures de créateurs ? Parce qu’elle aime les belles choses. C’est aussi simple. Vraiment. Que celle qui n’aime pas les belles choses me lance les premières Jimmy Choo

Je ne vois personne s’interroger si les hommes s’achètent des Jordan ou des Nike édition limitée pour gravir les échelons d’une quelconque hiérarchie sociale. 300 euros dans une paire de baskets ou 300 euros dans des escarpins c’est pareil ! 

Plus jeune je collectionnais les bouteilles de parfums. il fallait que ce soit de « grands » parfums. Angel, le premier N°5, Anaïs de Cacharel, J’Adore… Il me les fallait tous ! J’aimais les designs,  j’aimais avoir les bouteilles. Est-ce que j’y voyais une sorte d’accomplissement social ? Cela a t-il fait de moi une meilleure personne ? Vu mon karma non. Cela a t-il fait de moi une mauvaise personne ? Je vais y réfléchir.

Et lier l’estime qu’une personne a d’elle ou son essence aux nombres de chaussures qu’elle possède est absurde. Donc à la question « Acheter beaucoup de chaussures fait-il de vous une meilleure personne? » je réponds non et un roulement d’yeux. Tout comme acheter beaucoup de timbres, de tasses en porcelaine, de casquettes, de figurines de panda, de cartes Panini…

Maintenant je vais traîner sur Asos.



27 thoughts on “J’ai des Louboutin donc je suis ?”

  • Je me reconnais à 2000% dans ce billet. J’adoooooore les chaussures et si la paire me plaît, et qu’elle ne coûte que 5€ je la prends et je la porte aussi fièrement qu’une paire de créateur. La beauté de l’objet, le fun de la couleur ou du talon, voilà mes déclencheurs de craquage. Le statut social ? Bof, sur mes fringues je découpe les étiquettes de la marque, parce que ça me gratte 🙂

    • Mais tellement ! Statut social ? Rien à carrer ! C’est avant tout une histoire de coup de coeur. J’achète une paire de chaussure à cause de l’énorme coup de coeur qui m’a fait avoir un torticolis en passant devant la vitrine (ça m’arrive trop souvent, mon pauvre cou).

      • Je freine des quatre fers, je me fais des torticolis, fracture nette de l’oeil droit… voilà comment ça se passe quand je flashe. Et moi aussi je flashe trop souvent. Mais je manque de place et il faut que je me raisonne. Mes shoes ont envahi toutes les pièces de l’appart, j’envisage d’annexer celui du voisin !

  • Ton article je me suis jettée dessus, et pour cause… !
    J’ai moi aussi eu ma période de boulimie de chaussures… compulsivement j’en achetais partout, aussi bien chez les chinois, à la halle, eram etc. que chez Zanotti etc. et donc finalement même via quelques opportunités chez notre ami Christian L.
    Moi mes Loubi je les aime et les chouchoutes parce que, en dehors de leur marques, se sont parmi les plus originales/classieuses que j’ai… et comme j’ai la chance d’en avoir oui je les bichonnes, elles ont leur propres étagère même chez moi… (enfin elles le partagent avec d’autres choses aussi hein) en même temps mettre des loubi en vrac n’importe comment dans un placard sans en prendre soin genre cela ne compte pas, ca serait pas justement ca justement un comble de la prétention? Si demain je trouvais une paire de rêve chez un chinois ou autre, elle y aurait sa place (c’est la beauté qui compte et le plaisir qu’on a à les voir et les porter qui compte non?
    Ironiquement depuis quelques mois, j’en ai un peu fini de ma période chaussures… je garde celles que j’ai en partie, j’en vends certaines et à contrario il y en a d’autres dont je ne me séparerais jamais. Mais bon, je passe à autres choses… (même si cela ne m’a pas empêché de passer hier à la boutique C.L pour baver un peu et essayer quelques modèles…) et franchement les modèles que j’ai vu repéré, c’est bien LE modèle qui m’a plus et non la marque…. je suis la première à trouver certaines Loubi vilaines/vulgaires ou autre; le but premier c’est se faire plaisir 😛

  • Ah non fallait lire l’article de Slate en entier car le style provocateur du début auquel tu t’es arrêté ne reflète pas du tout l’idée générale de l’article !

    • Si je l’ai finalement terminé et la fin de l’article n’apporte pas grand chose non plus je trouve. On y apprend que les chaussures de créateurs sont de oeuvres d’art toujours plus innovantes mais il ne répond pas non plus à la question en vrai. Ce qui m’a fait réfléchir c’est la question même et la dimension sociale évoquée.

  • L’article en question a du faire des raccourcis un peu grossiers.
    Je suis d’accord avec toi quand tu dis que les personnes achetant des chaussures de créateurs par exemple le font par plaisir, pour eux et parce qu’ils aiment les jolies choses.
    Cependant, je ne peux m’empêcher de penser que OUI, il y a des personnes qui essaient d’obtenir une certaines reconnaissance en affichant leurs derniers achats de créateurs, ou leurs dressing…
    Depuis l’avènement des blogs mode, il y a un tas de personnes qui achètent pour faire comme les autres et surtout, pour dire « moi aussi je peux l’avoir » et ces mêmes personnes se lassent aussitôt de leurs derniers achats luxueux… Bien sûr, il ne s’agit pas de tout le monde…

    Un livre très intéressant parle du sujet fringues/chaussures: « rien à me mettre »… Avec certains témoignages, on se rend compte que chez certaines personnes acheter des fringues de luxe et bel et bien synonyme de reconnaissance sociale.

    Bref! Article très intéressant 😉

  • Je me reconnais dans ce billet… (après tout je tiens un blog appelé Pensées d’une Shoesaholic hein!) et c’est vrai que c’est mon grand rêve d’avoir des Louboutin… mais si un jour j’en achète, je ne serai pas une meilleure personne! Juste une personne plus riche.

  • cet article, c’est juste totallement moi. j’ai moi meme une bonne… bref, beaucoup de chaussures, a en faire peter des cables a mon homme, mais je ne me suis jamais dis : tien, je vais les prendre, les hommes me regarderons, les fille m’enviherons, grace a elle, je serais la meilleures du monde!
    Les chaussures et moi, c’est une histoire de feeling. sa passe ou sa casse. et bien que sa passe avec beaucoup, je ne fais pas sa dans le but de copier tel ou tel personne, de gravir tel ou tel echelon, je les achete tout simplement parce qu’elle me plaisent et qu’elle me vont. Marque lambda, createur, 5euros, 200euros (bon je ne suis encore jamais aller jusque la). apres… il est vrai comme tu le dis, si j’ai devant moi une paire de marque inconnue a 80euros, et une paire de louboutin a 80e (ne revons pas), je craquerais sans doute pour la qualité louboutin.

  • C’est dingue les clichés qu’on peut trouver sur la toile ! Merci de remettre les choses à leur place, ton article est superbe et très juste. On en a un peu marre de voir chacun de nos gestes analysés ! Mon Dieu s’acheter des chaussures ne pourrait il pas juste signifier acheter des chaussures ?

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