10 ans que j’ai quitté le nid…

10 ans aujourd’hui jour pour jour que je n’habite plus avec papa et maman. 10 ans jour pour jour que l’oiseau a quitté le nid.

Je me souviens encore du jour où j’ai atterri à Lyon pour ma première année de fac du haut de mes presque 17 ans toute fière de moi, mais quand même un peu apeurée dans une ville dont je ne savais rien et où je ne connaissais presque personne. Ma mère m’avait accompagnée. Je n’avais pas pu dire aurevoir a mon père en mission alors dans un autre pays. Je me souviens que cela m’avait vraiment attristé. J’ai du attendre presqu’un an pour le revoir…

Je me souviens aussi de la fierté que j’ai ressenti lorsque j’ai tenu les clés de mon premier appart. Ca y est. J’étais grande. J’avais mon nom  sur une boîte aux lettres, des factures à mon nom, une ligne fixe et aussi la possibilité d’aller et venir comme bon me semblait et de faire aller et venir des invités comme je voulais. Si tant est que je réussissais à me faire des amis pour les inviter ensuite.

Je me souviens aussi de l’immense solitude des débuts. Je me souviens du soir de mon premier Noël toute seule dans un 18m² avec un McDo où j’ai passé la soirée en pleurs enroulée dans une couette. J’ai fini par ravaler ma fierté de « grande fille » et appeler mes parents juste pour avoir l’impression qu’ils étaient là. Je n’ai pas éclairci ma voix et sorti le désormais habituel « non, non tout va bien. J’appelais juste comme ça ». Je voulais juste entendre leurs voix. Puis je me suis endormie. Cela va faire 10 Noëls que je n’ai pas passé avec ma famille au complet et juste un peu moins passés toute seule. Je m’y suis habituée. J’ai mon petit rituel. Je m’achète un ou plusieurs cadeaux (que j’emballe et met au pied de n’importe quoi) selon la santé financière, me fait un bon petit repas, regarde un Disney puis je déballe mes cadeaux a coups de « fallait pas voyons ».

Je me souviens m’être fait des amis petit à petit. Bons et mauvais avec les bons moments, les coups bas, la complicité et l’hypocrisie qui va  avec. J’en ai laissé certains en chemin. Les plus vaillants (es) font encore partie de ma vie. D’autres continuent d’arriver… et  de partir.

Je me souviens avoir eu des petits amis. Bons et mauvais. Je me suis installée avec un homme, j’ai été fiancée, j’ai été blessée.

Je me souviens avoir souffert. Énormément.

Mais je me souviens aussi avoir rigolé, m’être sentie relativement libre (surtout de ne plus avoir trop de comptes à rendre), avoir vécu de vrais moments de bonheur. Je me suis forgée des souvenirs, des expériences, des histoires, une vie.

J’ai appris la vie. Toute seule. Sans papa et maman pour rattraper le coup derrière sauf en cas de grosses bêtises. Et il y’en a eu des grosses bêtises ( ah la folie de la jeunesse munie d’une carte bleue et d’un chéquier). J’ai appris à me débrouiller toute seule, à toujours chercher une solution. J’ai appris à travailler pour m’en sortir. Quelque soit le travail. J’ai fait des ménages, du baby-sitting, j’ai été serveuse, vendeuse et j’en passe. Le terme « se débrouiller  seule comme une grande » ne prend vraiment son ampleur que lorsqu’on est toute seule comme une grande. Chose qui n’aurait pas été possible de comprendre dans le confort de la maison familiale. J’ai appris l’adversité, j’ai appris à m’occuper de moi, me nourrir (même lorsque tu rentre à une heure impossible et d’un état de fatigue sans nom car il n’y a personne pour te poser une assiette sur la table) , me soigner. J’ai appris aussi à malgré tout ne pas baisser les bras. J’ai appris à me connaître. J’ai fait l’apprentissage de la vie…et je le fais toujours

Je peux affirmer avec certitude que je ne serais pas celle que je suis maintenant si j’y étais encore. Avec les parents comme « filets de sécurité ». Sans avoir fait mes propres erreurs, grosses ou petites. Sans avoir appris le fameux « si tu ne le fais pas, personne ne le fera pour toi. Débrouille toi ! ». J’affirme aussi que la vie, la vraie, débute une fois le nid quitté. Non, en vrai, ce n’est que mon point de vue.

Cela fait 10 ans jour pour jour que je vis toute seule, J’AI GRANDI et je continue ! 



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